16 octobre 2009
Ukraine - La Banque mondiale prévoit une croissance 2010 de 2,5%
KIEV, 15 octobre (Reuters) - La Banque mondiale a relevé jeudi son estimation de croissance 2010 du PIB ukrainien de 1 à 2,5%, mais a maintenu sa prévision d'une contraction de 15% cette année.
Ces nouveaux chiffres sont en ligne avec ceux du Fonds monétaire international, qui a mis en place un plan de soutien à l'Etat ukrainien de 16,4 milliards de dollars (10,97 milliards d'euros). Le FMI table sur un recul de 14% cette année et un rebond de 2,7% en 2010.
"La principale raison de ce relèvement (de prévision) est l'amélioration des conditions extérieures", a déclaré Ruslan Piontkivsky, économiste de la Banque mondiale pour l'Ukraine.
L'économie de l'ancienne République soviétique dépend fortement de ses exportations d'acier et de produits chimiques, dont la demande a plongé l'an dernier. La dégringolade des exportations a entraîné avec elle la valeur de la monnaie ukrainienne, ce qui a déstabilisé le secteur bancaire.
La Banque mondiale a revu de 13,4 à 13,8% sa prévision d'inflation pour 2009, et de 10,5 à 10,6% l'an prochain.
Selon le ministre ukrainien de l'économie Bohdan Danylyshyn, l'économie pourrait se contracter de 10 à 12% cette année, tandis que le projet de budget pour 2010 anticipe une croissance de 3,7%.
(Bureau de Kiev, version française Jean Décotte)
01 octobre 2009
Une journée chez une productrice de lait ukrainienne
Sylvie Bilodeau, agronome
Conseiller coopératif
Agropur, coopérative laitière
À titre de conseiller coopératif et de professionnelle de la qualité du lait, j’ai eu la chance de vivre deux missions de 14 jours en Ukraine sous la responsabilité de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI).
À titre d’institution membre, Agropur a accepté de mettre à la disposition de SOCODEVI certaines de ses ressources humaines, comme consultant, dans un projet visant à améliorer la compétitivité de l’industrie laitière dans les provinces de Lviv et de Dnipropetrovsk. Du 14 au 28 février dernier, j’ai donc eu à observer les pratiques, poser des questions et proposer des pistes de solutions pour améliorer la qualité du lait à la ferme. En juin, j’avais à continuer l’analyse de la situation et à commencer l’implantation du plan d’action.
Pour vous aider à comprendre la situation en Ukraine, j’aurais pu vous parler de statistiques sur la production laitière Ukrainienne, vous auriez eu de bien belles données mais vous n’auriez pas compris l’essentiel de la problématique de la production laitière.
J’aurai pu vous parler des Kolkhozes, anciennes fermes collectives de l’URSS, vous dire que certaines d’entre elles sont louées à des privés par le gouvernement pour une période de 50 ans, qu’elles ont entre 200 et 500 vaches mais vous auriez entendu parler que de 10% des fermes et des producteurs les plus riches.
J’ai plutôt choisi de vous parler d’une journée dans la vie d’un villageois qui produit du lait. 80% du lait de l’Ukraine est produit par ces producteurs.
Entre 6 h et 7 h, habituellement la femme va derrière la maison pour traire sa ou ses vaches (entre 1 et 4). Les maisons de ses producteurs ne sont pas éloignées les unes des autres comme dans nos rangs de campagnes mais plutôt rapprochées les unes sur les autres dans des villages. Le lait est mis dans un seau sur le bord de la route. Un camion (ou parfois une citerne trainée par un cheval) passe dans le village pour ramasser le lait.
Vers 9 h , le producteur amène sa vache au pâturage communautaire. Les quelques 50 vaches du village peuvent faire jusqu’à un kilomètre pour aller au pâturage qui est hors du village. Parfois les producteurs amènent leurs vaches eux-mêmes, parfois un berger amène les vaches de tous.
Vers 13 h, les femmes se dirigent vers le pâturage à pied, en auto, en vélo, pour traire leurs vaches au champ. Le lait est ramené à la maison pour le garder au froid.
Vers 17 h, les vaches sont ramenées à la maison pour la traite du soir.
Le lait de la traite du midi et du soir est gardé au froid de toutes sortes de manières jusqu’à ce que le camion le ramasse le lendemain matin. Les méthodes de refroidissement vont du bac d’eau dans une cave dans le sous-sol, en passant par des bouteilles de lait dans le réfrigérateur jusqu’aux bouteilles d’eau glacées directement dans le lait.
Au travers de tout cela, les producteurs s’occupent de leur jardin et de leurs autres animaux pour leur consommation personnelle. Ils font de l’agriculture de subsistance.
Voilà, c’est une journée typique d’un villageois producteur de lait en Ukraine. Ces gens travaillent énormément pour un prix ridiculement bas. Malgré tout, ils s’en sortent quand même bien car ils ont la chance de produire leur nourriture.
Avec cette image en tête, les statistiques ne sont pas nécessaires pour comprendre l’état de la production laitière en Ukraine. Le projet de Socodevi a comme objectif d’améliorer la compétitivité de l’industrie laitière. Mon intervention dans le projet consiste à améliorer la qualité du lait mais d’autres consultants travaillent avec les producteurs dans les autres aspects de la production entre autre, sur l’alimentation du bétail, l’amélioration des pâturages, la génétique, etc.
Il reste trois ans au projet, je crois fermement qu’avec la structure et le support qu’il leur est proposé, il est possible de faire faire des pas de géants à ces producteurs. Dans quelques années, en regardant le chemin parcouru, je pourrai dire avec fierté qu’il y a un peu petit de moi là-dedans.
http://www.forum17.com/article-380621-Une-journee-chez-une-productrice-de-lait-ukrainienne.html
En Ukraine, il n'y a pas que des petits producteurs.
J'ai visitè personnellement dans la région de Vinnitsa des exploitations laitières
de plus de mille têtes
100 têtes par batiments 11 batiments
je pourrais vous en parler si cela vous intéresse
28 septembre 2009
Charles Beigbeder retourne aux champs
Charles Beigbeder, chapeau de paille sur la tête, pantalon de velours côtelé et bottes en caoutchouc aux pieds... Oui, Charles Beigbeder est devenu agriculteur. Mais le portrait qui précède est totalement irréaliste et le jeune et brillant homme d'affaires a conservé ses costumes impeccables.
Le Figaro nous révèle que celui qui s'attaqua au monopole d'EDF s'est reconverti dans la production céréalière en Ukraine. Ou comment opérer la mutation du jus (électrique) en blé (juteux) du fin fond des contrées slaves...
Charles Beigbeder prône le retour à la terre. Après avoir vendu, avant l'été, ses parts dans Poweo, l'homme ne s'est pas tourné les pouces sur une plage ensoleillée. Au contraire, c'est vers le climat plus rude de l'Ukraine que le talentueux créateur d'entreprise(s) s'est orienté.
Celui qui avait inventé le courtier en ligne Selftrade puis, changeant radicalement de cap, le fournisseur d'électricité Poweo, est devenu... agriculteur.
Homme d'ambitions s'il en est, Charles Beigbeder ne s'est évidemment pas contenté d'un vague lopin de terre : à travers son entreprise AgroGénération (filiale du holding familial Gravitation), il ne détient pas moins de 22 000 hectares de céréales dans l'ancienne république soviétique.
Un blé venu du froid
Comment passer du courant électrique de Poweo au blé des champs ukrainiens ? Au départ, l'énergie fit le lien : son premier projet fut d'acquérir des terrains exploitables pour produire des biocarburants.
Mais très vite l'idée est abandonnée et Charles Beigbeder se concentre sur l'alimentation (animale et humaine) avec l'appui d'un grand groupe hexagonal, Champagne Céréales.
Car le blé ukrainien pourrait bien valoir de l'or. Certes, les rendements y sont inférieurs de 20% à ceux obtenus en France. Mais les engrais coûtent deux fois moins cher et les salaires agricoles y sont... 10 fois moins élevés.
De quoi attirer les convoitises pour le sol d'Ukraine, un pays qui compte 30 millions d'hectares de bonnes terres, dont 6 millions sont actuellement en friche.
Déjà détenteur de trois immenses fermes, Charles Beigbeder affiche de grandes ambitions : doubler sa surface exploitable à 50 000 hectares en un an. Car, affirme le capitaine d'industrie, « Nourrir la planète sera le grand défi de demain ».
Mais Beigbeder n'est pas monomaniaque. Déjà, il annonce de prochaines diversifications dans la santé, l'énergie ou les loisirs. À suivre, donc...
25 septembre 2009
Ukraine - L'agriculture, une bouée de sauvetage pour l'économie
Avec ses gigantesques terres arables figurant parmi les plus fertiles du monde et dotées d'un climat propice, l'Ukraine, jadis surnommée «grenier à blé de l'Europe», compte largement sur son secteur agricole pour maintenir à flot son économie titubante.
«Cette année, l'agriculture est le seul secteur à croître en Ukraine», écrivait lundi l'hebdomadaire économique Kontrakty. La crise économique mondiale a frappé de plein fouet l'économie ukrainienne, jusqu'alors très dynamique : sa production industrielle s'est effondrée de -31,1% et son Pib de 18% au premier semestre de l'année sur un an. La tendance est à l'opposé chez les agriculteurs : leur production a progressé de 3,8% au cours des premiers sept mois de l'année et le poids du secteur agricole dans les exportations progresse au détriment des industries déprimées par la crise, comme la sidérurgie ou la chimie.
L'agriculture, principal espoir Même si la récolte 2009 s'annonce plus modeste (de 42 à 45 millions de tonnes selon les estimations) l'Ukraine semble déterminée à poursuivre sur cette voie et devrait en exporter environ 18 millions de tonnes. «L'agriculture est le principal espoir de l'économie en matière de balance des paiements», relève Mykhaïlo Salnykov, expert de la société d'investissement Sokrat Capital. «C'est elle qui empêche une dévalution encore plus sévère de la monnaie nationale», la hryvnia, explique-t-il. Celle-ci a déjà perdu plus de 40% depuis le début de la crise en septembre dernier. Surtout, le potentiel de l'agriculture ukrainienne, qui a commencé à se redresser en 2000 de la crise post-communiste et emploie aujourd'hui 20% de la population active est «immense», souligne dans une note d'analyse de l'ambassade de France en Ukraine. L'Ukraine possède 42 millions d'hectares de terres agricoles et 22% des terrains arables européens. Et les deux tiers de la surface totale du pays sont couverts de terres noires (tchernozem) considérées comme les plus fertiles du monde, selon Sokrat Capital. Et son climat témpéré est «en général très favorable aux activités agricoles», renchérit l'étude. Le rendement en progression Le rendement moyen des céréales en Ukraine s'est élevé à 3,5 t/ha en 2008 contre 4,5 t/ha dans l'Union européenne, mais il ne cesse de progresser, laissant espérer à moyen terme une récolte de 74-95 millions de tonnes par an, selon l'Institut des recherches économiques à Kiev. Le développement du secteur est cependant ralenti par des problèmes d'équipement, une bonne partie du matériel datant de l'époque soviétique. Le coût de la main d'oeuvre est parmi les plus bas en Europe, mais le personnel qualifié n'est pas facile à trouver. Le pays souffre aussi d'un manque de capacités de stockage. Les atouts du secteur agricole ukrainien le rendent alléchant pour les investisseurs occidentaux. Leur affluence est toutefois entravée par le moratoire interdisant toute vente des terres agricoles, qui ne peuvent qu'être prises en location. Dans cette situation, «beaucoup de sociétés jugent trop risqué d'y investir, ce qui fait baisser la valeur des actifs agricoles», relève M. Salnykov. |
Auchan va ouvrir trois nouveaux hypers en Ukraine
Comme LSA s’en faisait écho dernièrement (voir LSA 2102), Auchan va bien reprendre trois des quatre magasins jusqu’à présent exploités par O’Key en Ukraine. Le groupe nordiste annonce en effet qu’il va louer au groupe Panorama, propriétaire des sites, trois emplacements commerciaux sur lesquels il va ouvrir trois nouveaux hypermarchés, avant la fin 2009. Ces trois sites, à Kiev, Zaporojié et Krivoï Rog, représentent un total de plus de 25000 m² de surface de vente. Cela va permettre à Auchan de passer de deux points de vente à cinq, en Ukraine.
Jean-Noël Caussil
http://www.lsa.fr/auchan-va-ouvrir-trois-nouveaux-hypers-en-ukraine,108114
UE-Des offres d'orge à l'intervention sont necéssaires/Analyste
PARIS, 16 septembre (Reuters) - La lourdeur du bilan prévisionnel 2009-2010 des orges européennes suggère que des offres dans les stocks publics d'intervention européens seront nécessaires pour absorber le surplus, estime jeudi l'analyste français Stratégie Grains dans son rapport mensuel.
Résultat notamment de l'augmentation par rapport au mois dernier de 800.000 tonnes de la production européenne à 61,5 millions de tonnes
"Les offres à l'intervention apparaissent nécessaires pour résoudre le surplus du bilan européen. Si elles ont lieu, elles limiteront le potentiel de baisse des prix", estime Stratégie Grains.
L'intervention permet aux organismes stockeurs de vendre à partir du 1er novembre certaines céréales au prix minimum garanti de 101,77 euros/tonne (majoration mensuelle incluse).
Toutefois à la suite du bilan de santé de la Politique agricole commune (Pac), la campagne 2009-2010 sera la dernière campagne où l'orge et le blé tendre pourront être offerts sans limitation de quantité dans les stocks publics européens.
A partir 2010-2011,l'intervention pour l'orge sera maintenue mais activée uniquement à l'initiative de la Commission.
Le blé tendre conservera de son côté un mécanisme d'achat à prix fixe mais dans la limite de 3 millions de tonnes. Au delà de cette quantité, la décision reviendra à la Commission qui fixera aussi le prix.
ENCORE UN POTENTIEL DE BAISSE POUR LE BLE
Mais l'importance du surplus européen d'orge s'explique aussi par un excédent cette campagne de qualité brassicole qui ne sera pas utilisée en malterie, poursuit l'analyste.
Les exportations d'orge de brasserie devraient augmenter à 0,7 million de tonnes, mais même une éventuelle augmentation des prévisions à destination de la Chine ne permettra pas de résorber l'excédent, estime-t-il.
C'est ainsi que le prix des orges fourragères sont déjà en dessous du prix d'intervention.
Les perspectives sont toutes aussi lourdes pour le blé tendre dont le stock de fin de campagne devrait rester élevé à près de 18 millions de tonnes dans un contexte de chute des échanges mondiaux et de concurrence accrue de la mer Noire.
Le bilan sera principalement excédentaire en France, Danemark, Finlande, Allemagne, Bulgarie et Europe centrale, précise l'analyste.
"Les prix ont encore un potentiel de baisse jusqu'au niveau de l'intervention", estime-t-il.
Les capacités de stockage pourraient ne pas être suffissantes et le manque de compétitivité des blés européens par rapport à la mer Noire risque, à court terme, d'être renforcé par l'arrivée sur le marché des blés russes.
Selon l'analyste, moins de 10 euros séparent les prix des blés meuniers français, tchèque et hongrois du prix d'intervention.
A moyen terme, l'intervention pourrait toutefois constituer "un plancher pour le reste du monde", poursuit l'analyste, l'Union stockant ses surplus au lieu de l'exporter.
Les prix pourraient aussi trouver un soutien au printemps dans l'épuisement des disponibilités de l'Ukraine ou dans une éventuelle décision du gouvernement russe de reprendre les achats d'intervention, ajoutet-il.
"La nécessité pour le maïs américain de gagner de la surface pour la récolte 2010, sera aussi un élément plutôt haussier pour l'ensemble des matières premières", observe-t-il encore.
(Valérie Parent)
http://www.euroinvestor.fr/news/story.aspx?id=10626089
26 août 2009
Ukraine. L'agriculture est une véritable bouée de sauvetage pour l'économie du pays
Des terres riches et enviées
Jadis surnommée « grenier à blé de l'Europe », l'Ukraine compte largement sur son secteur agricole pour maintenir à flot son économie titubante.
Contexte. Les gigantesques terres arables du pays figurent parmi les plus fertiles au monde.
Crise. Contrairement au secteur industriel en chute libre, seul celui de l'agriculture a progressé de 3,8 % en 2009.
«C ette année, l'agriculture est le seul secteur à croître en Ukraine », écrivait cette semaine l'hebdomadaire économique Kontrakty.
La crise économique mondiale a frappé de plein fouet l'économie ukrainienne, jusqu'alors très dynamique : sa production industrielle s'est effondrée de 31,1 % et son PIB de 18 % au premier semestre de l'année sur un an.
La tendance est à l'opposé chez les agriculteurs : leur production a progressé de 3,8 % au cours des premiers sept mois de l'année et le poids du secteur agricole dans les exportations progresse au détriment des industries déprimées par la crise, comme la sidérurgie ou la chimie.
La récolte des céréales de l'an dernier a battu tous les records depuis l'indépendance du pays en 1991, à 53,3 millions de tonnes dont près de la moitié a été exportée, selon les chiffres ukrainiens.
Ce résultat a fait de cette ex-république soviétique le cinquième plus gros exportateur mondial avec 10 % du marché, selon le Département américain de l'Agriculture.
Même si la récolte 2009 s'annonce plus modeste - 42-45 millions de tonnes, selon les estimations - l'Ukraine semble déterminée à poursuivre sur cette voie et devrait en exporter environ 18 millions de tonnes.
Le principal espoir
« L'agriculture est le principal espoir de l'économie en matière de balance des paiements », relève Mykhaïlo Salnykov, expert de la société d'investissement Sokrat Capital. « C'est elle qui empêche une dévaluation encore plus sévère de la monnaie nationale », la hryvnia, explique-t-il. Celle-ci a déjà perdu plus de 40 % depuis le début de la crise en septembre dernier. Surtout, le potentiel de l'agriculture ukrainienne, qui a commencé à se redresser en 2000 de la crise post-communiste et emploie aujourd'hui 20 % de la population active est « immense », souligne dans une note d'analyse l'ambassade de France en Ukraine.
L'Ukraine possède 42 millions d'hectares de terres agricoles et 22 % des terrains arables européens. Et les deux tiers de la surface totale du pays sont couverts de terres noires (« tchernozem ») considérées comme les plus fertiles du monde, selon Sokrat Capital. Son climat tempéré est « en généraltrès favorable aux activités agricoles », renchérit l'étude.
Le rendement moyen des céréales en Ukraine s'est élevé à 3,5 t/ha en 2008 contre 4,5 t/ha dans l'Union européenne, mais il ne cesse de progresser, laissant espérer à moyen terme une récolte de 74-95 millions de tonnes par an, selon l'Institut des recherches économiques à Kiev.
Le développement du secteur est cependant ralenti par des problèmes d'équipement, une bonne partie du matériel datant de l'époque soviétique. Le coût de la main-d'œuvre est parmi les plus bas en Europe, mais le personnel qualifié n'est pas facile à trouver. Le pays souffre aussi d'un manque de capacités de stockage.
Les atouts du secteur agricole ukrainien le rendent alléchant pour les investisseurs occidentaux. Leur affluence est toutefois entravée par le moratoire interdisant toute vente des terres agricoles, qui ne peuvent qu'être prises en location.
http://www.bienpublic.com/fr/france-monde/article/1897626,1496/Des-terres-riches-et-enviees.html
Economie - Dans la fertile terre noire d'Ukraine, des céréales et beaucoup d'ambitions
Dans un champ inondé de soleil, des moissonneuses-batteuses fendent les flots dorés de seigle: à Jovtnevé, dans l'ancien «grenier à blé de l'Europe», les ambitions retrouvées des agriculteurs se heurtent à la réalité sociale et économique d'une Ukraine en pleine crise.
Assis dans la cabine climatisée de son engin, Boris se prépare à transférer le grain récolté dans un camion, propulsant un jet couleur or foncé dans sa benne. Comme nombre de gens travaillant sur ce champ de la société privée Zerniatko, cet homme est un saisonnier d'une autre région. Le manque de personnel qualifié dans la campagne pousse les agriculteurs à chercher des ouvriers à travers tout le pays. «Les villages se meurent, les jeunes sont partis dans les villes. Nous avons loué des terres, acheté des machines, mais le personnel manque», déplore Grygori Kovalenko, agronome chez Zerniatko. Cette société, une filiale du groupe ukraino-autrichien Ukrzernoprom Agro, cultive 6.000 hectares de blé, seigle et colza dans la région de Tchernigiv, à 220 kilomètres au nord de Kiev. Fedir Gontcharouk, copropriétaire de l'entreprise Dibrivka-Agroservice, à 170 kilomètres au sud de la capitale, est confronté au même problème. «J'amène des gens des 18 localités voisines, sinon je n'ai personne pour bosser. On a une distillerie dans le village. C'est pire qu'une bombe atomique, la plupart ici sont des alcooliques», dit-il, décrivant le fléau de la campagne ukrainienne.
Cinquième exportateur mondial Après une période difficile, l'Ukraine s'est aujourd'hui hissée au rang de cinquième plus gros exportateur de céréales du monde, mais le développement de son secteur agricole se heurte à de nombreux obstacles. «On ne peut rien pronostiquer, la politique change tout le temps et les prix aussi, on ne peut jamais avoir ce qu'on a planifié», se lamente M. Gontcharouk. «Si la récolte est bonne, les prix chutent. On achète des semences d'orge à 3.000 hryvnias (360 dollars) la tonne et après la récolte on ne peut le vendre qu'à 600 hryvnias. A quoi ça sert alors de la cultiver?» poursuit-il. «En Occident, l'Etat subventionne l'agriculture et contrôle le marché des céréales. Chez nous, pas du tout. Or les marchands de grain s'entendent pour acheter du grain à bas prix aux producteurs, puis le revendre deux fois plus cher au printemps», témoigne-t-il. Et le manque de silos oblige les agriculteurs à accepter tout prix proposé par les commerçants, explique M. Gontcharouk. L'Ukraine compte de 650 à 700 silos, mais leur capacité totale ne dépasse pas, selon les analystes, 30 millions de tonnes, alors que la récolte 2008 a atteint le niveau record de 53 millions de tonnes et celle de 2009 est attendue à 45 millions de tonnes. Certains, comme M. Gontcharouk, construisent leurs propres dépôts, mais les banques sont réticentes à prêter aux agriculteurs, surtout en pleine crise. Le manque de liquidités aggravé par la crise limite aussi les moyens d'améliorer le rendement. «L'an dernier, on mettait 150 kg d'engrais par hectare et cette année seulement 50 kg faute d'argent», soupire M. Kovalenko. Mais la fertilité de la terre semble compenser ces difficultés. «Je ne vous dis rien sur nos bénéfices, mais regardez ma voiture et nos tracteurs américains et tirez vos conclusions», dit, un sourire narquois aux lèvres, M. Gontcharouk, qui roule dans une Lexus tout-terrain |
03 avril 2009
UKRAINE: mercredi au 25 octobre la date de la prochaine élection présidentielle
Le Parlement ukrainien a fixé mercredi au 25 octobre la date de la prochaine élection présidentielle dans le pays.
La campagne, qui promet d'être alimentée par les graves difficultés économiques auxquelles fait face l'Ukraine, devrait opposer le Premier ministre Ioulia Timochenko, favorable à une ouverte à l'Ouest, et le dirigeant de l'opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch.
Le président en exercice Viktor Iouchtchenko n'a pas encore fait part de ses intentions, mais il a peu de chances d'être réélu s'il venait à se présenter, les sondages lui donnant actuellement moins de 5% d'opinions favorables.
Parmi les autres candidats potentiels figurent l'ancien président du Parlement Arseni Iatseniouk, et l'ancien ministre de la Défense Anatoli Hritsenko.
En 2004, Viktor Iouchtchenko était parvenu au pouvoir à l'issue de la Révolution orange qui avait suivi un scrutin controversé. AP
Economie Les six mesures clés
Jannick Alimi et Valérie Hacot | 03.04.2009, 07h00
Accord entre tous les pays présents, injection massive de capitaux, volonté
de ne pas réitérer les dérives du système financier par une meilleure
régulation, stigmatisation des paradis fiscaux. Le G 20 a trouvé un subtil
compromis entre les tenants de la relance et ceux qui donnaient la priorité à
une moralisation du capitalisme.
1. Des milliards pour la relance. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont dotés de 1 000 milliards de dollars supplémentaires. Ils proviennent notamment de la vente d’or du FMI et de droits de tirage spéciaux (DTS), ces lignes de crédits que les Etats peuvent souscrire auprès du FMI. Ces masses de liquidités serviront par exemple à sauver de la faillite des Etats, comme récemment l’Islande, la Hongrie et l’Ukraine. Si l’on ajoute les plans de relance nationaux, ce sont 5 000 milliards de dollars qui vont irriguer l’activité économique.
A noter : selon Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations Unies, les pays en voie de développement auront besoin de 1 000 milliards de dollars en 2009 et 2010.
2 Soutien du commerce mondial. Le G 20 s’est engagé à consacrer 250 milliards de dollars pour soutenir le commerce international. Le but : lutter contre le protectionnisme. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a actualisé la liste des pays dressant des barrières à leurs frontières et devrait continuer à surveiller les fautifs et communiquer les résultats aux chefs d’Etat.
A noter : le « chacun pour soi » qui avait entraîné le monde à la faillite et à la guerre dans les années 1930 a été évité. C’est une des grandes victoires de ce G 20.
3 L’intégration des pays émergents dans le concert des nations. Le développement de pays asiatiques, africains et sud-américains est un des leviers de la croissance mondiale. Le G 20 reconnaît plus de pouvoir à ces Etats au sein du FMI d’ici à 2011.
A noter : une réelle intégration demandera du temps et beaucoup d’argent.
4 Une régulation plus efficace Une volonté affichée de lutter contre les paradis fiscaux. Ce sont les trous noirs de la finance mondiale tellement opaques qu’ils empêchent un contrôle réel des flux financiers internationaux. « Le temps du secret bancaire est révolu », selon le communiqué du G 20. L’OCDE a publié hier soir la liste des Etats qui ne respectent pas les normes internationales en matière d’échange d’informations et de coopération fiscale. Des sanctions contre les pays récalcitrants sont prévues. D’ores et déjà, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche ont assoupli leur secret bancaire. Le Liechtenstein, Andorre et Monaco se sont engagés à fournir des informations fiscales.
A noter : la réelle efficacité des sanctions n’est pas prouvée. La liste publiée hier n’est pas convaincante.
5 Encadrer les salaires et les bonus des traders. De nouvelles règles consistant à rendre ces bonus moins sensibles aux performances à court terme vont être édictées. L’objectif est de stopper les logiques de spéculation et les prises de risques excessives. Ce seront des normes communes au niveau mondial afin d’éviter des concurrences entre les places financières.
A noter : des intentions qui risquent de s’avérer très difficiles, économiquement et politiquement, à mettre en œuvre.
6 Améliorer le contrôle des fonds d’investissement. Ce qu’on appelle les hedge funds se sont développés hors du bilan des banques et de tout contrôle réglementaire. Il s’agit de les mettre dans la sphère de surveillance des autorités de marché. Les agences de notation seront aussi mieux encadrées.
A noter : une opération compliquée qui risque de donner un coup de frein à ce type d’activités. Le traitement des actifs toxiques des banques n’a pas été abordé.
http://www.leparisien.fr/economie/les-six-mesures-cles-03-04-2009-464883.php







