Yo-yo
| Après l'angoisse de la sécheresse, puis de la pluie qui gêne encore les moissons, les céréaliers regardent maintenant avec inquiétude les cours des céréales qui font le yo-yo en fonction des annonces venues de l'Est ou de l'Ouest. Les regards sont d'abord fixés vers l'Est et plus précisément vers les pays de la Mer Noire : le brusque retour, en juillet, de la Russie et de l'Ukraine sur le marché du blé, avec des prix faibles, a pris le marché par surprise. Ce sont de grandes quantités de blé qui risquent bien de se déverser sur nos clients du Maghreb mais aussi d'Europe, notamment d'Italie et d'Espagne. Le blé français n'a donc pas d'autre choix que d'être compétitif et ne peut se permettre toute hausse excessive. Le Conseil international des céréales a d'ailleurs relevé, jeudi, sa prévision de récolte mondiale de blé, qui devrait atteindre 674,4 millions de tonnes. Soit 9 millions de plus qu'il y a un mois : un chiffre qui prend notamment en compte les stocks de blé russes. Reste que les incertitudes sur le maïs américain soutiennent actuellement les marchés des grains et le moindre pépin outre-Atlantique est capable, à lui seul, de remettre de l'huile sur le feu. Et, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel : les réserves agricoles restent modestes au niveau mondial et hypothèquent donc toute baisse durable des cours. Quoi qu'il en soit, malgré les beaux discours du G20, les agriculteurs sont toujours confrontés à une forte volatilité des cours et sûrement encore pour longtemps... |
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MARCHE PRODUITS AGRICOLE MER NOIR
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D’après le ministère de l’économie et du commerce, l’Ukraine pourrait exporter 20MT de céréales de la récolté 2011. L’Ukraine a déjà récolté 6,4 MT de céréales à ce jour. Le maïs, lui, poursuit son développement (stade floraison). Les conditions sont actuellement très bonnes et les cultures dans un très bon état, promettant une récolte record.
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ODA Info n° 1428 du 19/07/2011
AgroGeneration : succès de l'augmentation de capital.
(CercleFinance.com) - AgroGeneration a annoncé mercredi le succès de son augmentation de capital destinée à investir dans de nouvelles unités en Ukraine et de se lancer sur un deuxième continent après un test en Argentine.
Le producteur de céréales et d'oléagineux précise que la demande globale d'actions nouvelles s'est élevée à 6.942.533 titres au prix de 2,05 euros, pour 4.878.049 titres offerts initialement, soit un taux de sursouscription de 143%.
La demande institutionnelle s'est portée à 10,3 millions d'euros et celle du public à 3,9 millions d'euros.
La clause d'extension a été exercée intégralement, portant ainsi à 5.609.756 le nombre d'actions nouvellement créées.
En conséquence, à l'occasion de cette opération, AgroGeneration lève 11,5 millions d'euros, un montant qui pourrait atteindre 13,2 millions en cas d'exercice intégral de la clause de surallocation.
'Nous sommes très fiers de la réussite de cette augmentation de capital qui va nous permettre de lancer des projets complémentaires à fort potentiel de création de valeur pour notre groupe', indique Charles Vilgrain, le président du directoire.
'AgroGeneration se donne étape après étape les moyens de devenir un acteur majeur, apportant une réponse concrète au défi alimentaire à venir', conclut-il.
La politique des petits pas

La rue Krechtchatik, à Kiev.
Il y a deux ans, sous l’impulsion de la Pologne, l’UE lançait son Partenariat oriental avec plusieurs pays de l’ex-URSS. Alors que Varsovie assume la présidence tournante, les experts dressent un bilan plutôt décevant de ce projet.
"Que de belles paroles, à quand des choses concrètes ? Le Partenariat oriental, ce projet phare porté par la Pologne, n’est-il vraiment qu’un artifice ?" : tel est le type de commentaires que l'on trouve sur la page Facebook consacrée au Partenariat oriental, lancé par l'UE en mai 2009. Des questions auxquelles deux rapports récemment publiés apportent quelques éléments de réponse.
Selon la première étude, rédigée par le Conseil européen des relations étrangères (ECFR), si l’Union européenne n’a jamais été aussi présente dans l’espace postsoviétique, elle ne parvient toutefois pas à influencer réellement la politique de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, de la Biélorussie, de la Géorgie, de la Moldavie ou encore de l’Ukraine.
Incapable de promouvoir la démocratie dans ces pays, l’UE n’y est pas plus apte à défendre ses intérêts économiques. Les auteurs du rapport, Nicu Popescu et Andrew Wilson, pointent notamment un renforcement des tendances autoritaires dans tous les pays concernés par le Partenariat, à l’exception de la Moldavie. La Biélorussie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne répondent à aucune norme démocratique. Certainement plus démocratiques, l’Ukraine et la Géorgie n’atteignent toutefois pas le niveau de la démocratie à l’occidentale.
Des élites davantage séduites par le modèle poutinien qu'européen
Pour MM. Popescu et Wilson, un échec de la démocratisation en Europe orientale risque de conduire à un embrasement révolutionnaire similaire à celui qui touche l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les conséquences d’un tel scénario sont prévisibles : un afflux d’immigrants illégaux, des dépenses pour stabiliser les conflits et l’envoi de missions de paix, de négociateurs, d’observateurs, etc. Il est donc dans l’intérêt l’UE de s’engager à l’Est sans plus tarder.
Le second rapport a été élaboré par les analystes de l’Institut des affaires publiques (ISP), à Varsovie. L’un des auteurs, Elzbieta Kaca, y affirme notamment qu'"après deux ans, le bilan du Partenariat est négatif. Le sommet du Partenariat oriental à Varsovie, à l’automne prochain, peut cependant tout changer. Un succès renforcerait le leadership de la Pologne dans la politique orientale de l’UE ; un échec conduirait au contraire à la marginalisation du Partenariat." Cet argument, martelé par les diplomates polonais, sonne un peu comme une formule magique.
Comment croire en effet qu’un sommet réunissant les dirigeants de six pays postsoviétiques et de l’UE pourrait à lui seul changer quoi que ce soit. Pour que le Partenariat se développe, encore faut-il que la population des pays concernés soit réellement attirée et intéressée par une alliance avec l’Europe.
Quant aux élites, elles sont davantage séduites par le modèle poutinien que par l’européen. Or le véritable défi du Partenariat est de faire connaître l’Union dans des pays comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Biélorussie et d’encourager leurs dirigeants à choisir le modèle européen. Cette mission ne prendra pas deux ans, mais plutôt deux décennies.
L’implantation du modèle européen paraît plus aisée en Géorgie, en Moldavie et en Ukraine, où les populations sont bien plus pro-européennes, de même que les élites, du moins officiellement. Dans ces trois pays, l’enjeu principal est de transformer les paroles officielles en actes.
Selon les auteurs du rapport de l’ISP, la clé de la réussite du Partenariat réside dans la conclusion rapide d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine, qui serait ainsi placée dans l’orbite économique communautaire, avec des règles commerciales et des taxes douanières communes. En signant un tel accord, l’Ukraine accomplirait une bonne partie de son intégration européenne.
Un tel accord pourrait être paraphé pendant la présidence polonaise de l’UE, qui débute le 1er juillet. Mais l’Ukraine est tentée par un accord concurrentiel, constituant une zone de libre-échange avec la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie, ce qui compromettrait toute convergence économique avec Bruxelles. La pression de Moscou étant de plus en plus forte, il est difficile de prédire le choix des autorités de Kiev.
Le processus de facilitation des visas trop lent
Le rapport évoque les facilités d’obtention de visas comme le meilleur moyen pour promouvoir l’orientation européenne dans les pays partenaires. Sur ce point, c’est encore l’Ukraine qui a accompli le plus de progrès avec son programme en deux étapes vers une exemption de visa. Mais l’actuel accord de facilitation de délivrance de visas ne mentionne, au désespoir des Ukrainiens, aucune date concrète d’achèvement du processus.
La Moldavie souhaite négocier la mise en place d’un plan similaire menant à la suppression de visas. Il en va de même pour la Géorgie, qui a pour l’instant conclu avec l’Union un simple accord de facilitation de délivrance de visas. A court terme, les autres pays ne peuvent guère espérer davantage que la simple promesse d’exemption de visa pour le futur.
Le succès du Partenariat dépend aussi de grands projets de modernisation des pays concernés, tels que la modernisation du réseau électrique. Mais bien souvent le manque de moyens financiers alloués au Partenariat rend impossible la réalisation de projets, qui finissent trop souvent dans un placard.
Il est donc primordial d’accroître les ressources financières du Partenariat, dans le cadre de l’UE, ou en ralliant à cette cause d’autres institutions comme la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou des bailleurs de fonds extérieurs à l’UE, comme les Etats-Unis, le Japon, la Norvège ou la Suisse. Les financements supplémentaires devraient servir à la réalisation d’un projet majeur qui, financé entièrement par ses fonds propres, offrirait une réelle visibilité au Partenariat.
Pour l’instant, ce projet phare fait défaut. Même si un excès d’optimisme et de triomphalisme semble hors de propos, les affirmations selon lesquelles le Partenariat serait mort avant même de naître sont grandement exagérées.
Opinion
Sortons des ambiguïtés
Les pays d’Europe orientale ne semblent pas particulièrement pressés de rejoindre l’Union. Pour l’hebdomadaire polonais Tygodnik Powszechny, cet état de choses tient à deux raisons. Tout d’abord, "les élites politiques et financières des pays couverts par le Partenariat oriental restent persuadées de pouvoir vivre à la manière occidentale, tout en faisant des affaires et en gouvernant à la mode orientale". Pour l’instant ils y arrivent très bien. Deuxièmement, la vieille Europe "ne cherche probablement pas davantage, derrière sa frontière orientale, que de disposer d’un minimum de stabilité et d’avoir le champ libre pour l’expansion de ses entreprises".
La Pologne ne doit donc pas s’attendre à un changement lors de sa présidence du Conseil de l’UE. Qu’elle parvienne à convaincre ses partenaires de parler sincèrement de l’Europe orientale et de dépasser l’habituel "on fait semblant de vous désirer dans l’Union, et vous, vous faites semblant de vouloir nous rejoindre". "L’Union et les pays du Partenariat doivent dire honnêtement ce qu’ils veulent les uns des autres, conclut Tygodnik Powszechny. Bruxelles compte-t-elle simplement créer une zone de stabilité derrière sa frontière orientale ? Considère-t-elle les accords d’association comme la phase ultime de sa politique de voisinage ou comme le début de la grande aventure européenne ?”
http://www.presseurop.eu/fr/content/article/768591-la-politique-des-petits-pas
L'Ukraine, faute de moyens, tarde à devenir le grenier de l'Europe
L'Ukraine, faute de moyens, tarde à devenir le grenier de l'Europe

Alors que le G20 se réunit mercredi 22 et jeudi 23 juin à Paris pour tenter de lutter contre la volatilité des prix agricoles, et alors que les besoins alimentaires au niveau mondial vont continuer d'augmenter ces prochaines années, l'Ukraine est appelée à redevenir une des premières puissances agricoles du monde. Le pays dispose d'un potentiel considérable mais doit encore augmenter ses investissements productifs et clarifier son cadre législatif.
Avec notre correspondant en Ukraine, Laurent Geslin
La plaine s'étend à perte de vue, déjà brûlée par le soleil du printemps. Bienvenue en Ukraine, dans le « grenier à blé de l'Europe », 42 millions d'hectares de cultures, installées sur les meilleurs sols du continent, les fameuses « terres noires » - ou tchernoziom.
« Cette terre, c'est le rêve, pas un caillou sur des milliers d'hectares, elle part en poussière quand on la travaille et elle n'use pas le matériel. Elle est extrêmement fertile et surtout, elle stocke bien l'eau ». Florian Garnier et son associé sont arrivés en Ukraine il y a deux ans, attirés par la qualité des sols. « Nous avons repris un ancien kolkhoze à 180 kilomètres à l'ouest de Kiev. Nous avons loué 500 hectares la première année, puis 2 700 la deuxième. A terme, notre objectif est de mettre 4 000 hectares en culture ». Soja, blé, colza, maïs, la production se chiffre déjà en milliers de tonnes, soit plus que la majorité des exploitants français. Elle ne représente cependant qu'une goutte d'eau pour le marché ukrainien.
En effet, les exploitations agricoles ukrainiennes les plus importantes couvrent des superficies qui peuvent atteindre 300 000 hectares.
« Aucune région au monde ne dispose à la fois de terres de cette qualité et d'un bassin de consommation aussi important. Il existe bien sûr des opportunités ailleurs, par exemple en Argentine, mais à des milliers de kilomètres des premiers clients», explique Andriy Yarmak, un expert agricole basé à Kiev.
Investisseurs russes, fonds de pensions américains, agro-holdings ukrainiennes, la lutte pour les meilleures terres fait rage depuis quelques années déjà. D'autant plus que le gouvernement du Président Viktor Ianoukovitch se prépare, dans quelques mois, à lever pour les investisseurs ukrainiens le moratoire institué en 1996, au moment de la privatisation des anciens kolkhozes soviétiques, et qui interdit depuis la vente des terres agricoles. « Les petits paysans, qui ne possèdent que quelques hectares, n'auront pas les moyens de résister à la pression financière des grands groupes », martèle Ivan Kyrylenko, membre du Bloc Ioulia Tymochenko (BiouT), « c'est pourquoi l'opposition ukrainienne, qui représente le peuple ukrainien, demande la prolongation du moratoire ».
Chez les experts occidentaux, si l'on reconnaît qu'une ouverture progressive du marché de la terre est nécessaire, on s'interroge quant aux modalités de la transition. « Je ne sais pas où les agriculteurs ukrainiens vont trouver l'argent pour investir dans le foncier, alors même que l'investissement productif est déjà très insuffisant pour assurer de bons rendements », souligne Jean-Jacques Hervé, chargé des affaires agricoles pour Index Bank, la filière ukrainienne du Crédit Agricole, « on arrive péniblement à une moyenne de 3 tonnes de blé par an et par hectare, alors que les sols et le climat ukrainiens permettent facilement 5 tonnes, sans forcer les doses d'intrants ». Le pays manque de tracteurs, de moissonneuses-batteuses, de silos de stockage de bonne qualité... Alors, pour moderniser l'agriculture, il est nécessaire d'attirer des investisseurs. Mais pour cela, encore faudrait-il rétablir un climat de confiance mis à mal par des scandales à répétition et par un cadre législatif en permanente mutation.
A l'automne 2010, le gouvernement ukrainien avait institué des quotas sur les exportations de céréales, officiellement pour maitriser l'inflation des produits agricoles sur le marché intérieur. Les résultats n'ont pas été au rendez-vous : huit mois plus tard, les prix ont bondi de 40%, 10 millions de tonnes de grains attendent toujours d'être vendues, et le manque à gagner pour l'agriculture ukrainienne se chiffre à plus d'un milliard d'euros. De plus, Mykola Prysyazhnyuk, le ministre de l'agriculture, est suspecté de corruption massive, les contrats d'exportations ayant presque tous été accordés à Khlib Investbud, une société mixte aux actionnaires inconnus, mais que l'on sait proche du pouvoir.
Suite aux pressions de la Commission européenne et du FMI, les quotas ont finalement été levé en mai, mais il en faudra plus pour rassurer les investisseurs. « Il est essentiel que l’État ukrainien fixe un cadre juridique qui assure sur le long terme la continuité d'utilisation du sol pour les exploitants, que cela soit par la levée du moratoire ou, comme en France ou en Allemagne, par la mise en place de baux ruraux sur le long terme », explique Henri Bernabot, conseiller auprès du ministère de l'agriculture ukrainien. Les besoins agricoles au niveau mondial vont continuer d'augmenter ces prochaines années, l'Ukraine se doit d'être bientôt prête.
http://www.rfi.fr/europe/20110621-ukraine-faute-moyen-tarde-devenir-le-grenier-europe
L'Ukraine ambitionne de redevenir un "grenier à céréales" mondial
L'Ukraine pourrait bien retrouver d'ici quelques années un statut de "grenier à grains" au niveau mondial. Consciente de son énorme potentiel agricole, cette ex-République soviétique réputée pour ses fameuses terres noires (chernozems), parmi les plus fertiles au monde, en nourrit l'ambition. Comme pour la Russie et le Kazakhstan avec lesquels elle dessine une nouvelle "écharpe céréalière" - la Corn Belt de l'Est par analogie à la Corn Belt américaine -, l'agriculture est l'un de ses atouts. Voire son premier, car l'Ukraine n'a pas les ressources gazières et minérales qui assurent à ses deux voisins une rente confortable.

