03 avril 2009
Economie Les six mesures clés
Jannick Alimi et Valérie Hacot | 03.04.2009, 07h00
Accord entre tous les pays présents, injection massive de capitaux, volonté
de ne pas réitérer les dérives du système financier par une meilleure
régulation, stigmatisation des paradis fiscaux. Le G 20 a trouvé un subtil
compromis entre les tenants de la relance et ceux qui donnaient la priorité à
une moralisation du capitalisme.
1. Des milliards pour la relance. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont dotés de 1 000 milliards de dollars supplémentaires. Ils proviennent notamment de la vente d’or du FMI et de droits de tirage spéciaux (DTS), ces lignes de crédits que les Etats peuvent souscrire auprès du FMI. Ces masses de liquidités serviront par exemple à sauver de la faillite des Etats, comme récemment l’Islande, la Hongrie et l’Ukraine. Si l’on ajoute les plans de relance nationaux, ce sont 5 000 milliards de dollars qui vont irriguer l’activité économique.
A noter : selon Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations Unies, les pays en voie de développement auront besoin de 1 000 milliards de dollars en 2009 et 2010.
2 Soutien du commerce mondial. Le G 20 s’est engagé à consacrer 250 milliards de dollars pour soutenir le commerce international. Le but : lutter contre le protectionnisme. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a actualisé la liste des pays dressant des barrières à leurs frontières et devrait continuer à surveiller les fautifs et communiquer les résultats aux chefs d’Etat.
A noter : le « chacun pour soi » qui avait entraîné le monde à la faillite et à la guerre dans les années 1930 a été évité. C’est une des grandes victoires de ce G 20.
3 L’intégration des pays émergents dans le concert des nations. Le développement de pays asiatiques, africains et sud-américains est un des leviers de la croissance mondiale. Le G 20 reconnaît plus de pouvoir à ces Etats au sein du FMI d’ici à 2011.
A noter : une réelle intégration demandera du temps et beaucoup d’argent.
4 Une régulation plus efficace Une volonté affichée de lutter contre les paradis fiscaux. Ce sont les trous noirs de la finance mondiale tellement opaques qu’ils empêchent un contrôle réel des flux financiers internationaux. « Le temps du secret bancaire est révolu », selon le communiqué du G 20. L’OCDE a publié hier soir la liste des Etats qui ne respectent pas les normes internationales en matière d’échange d’informations et de coopération fiscale. Des sanctions contre les pays récalcitrants sont prévues. D’ores et déjà, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche ont assoupli leur secret bancaire. Le Liechtenstein, Andorre et Monaco se sont engagés à fournir des informations fiscales.
A noter : la réelle efficacité des sanctions n’est pas prouvée. La liste publiée hier n’est pas convaincante.
5 Encadrer les salaires et les bonus des traders. De nouvelles règles consistant à rendre ces bonus moins sensibles aux performances à court terme vont être édictées. L’objectif est de stopper les logiques de spéculation et les prises de risques excessives. Ce seront des normes communes au niveau mondial afin d’éviter des concurrences entre les places financières.
A noter : des intentions qui risquent de s’avérer très difficiles, économiquement et politiquement, à mettre en œuvre.
6 Améliorer le contrôle des fonds d’investissement. Ce qu’on appelle les hedge funds se sont développés hors du bilan des banques et de tout contrôle réglementaire. Il s’agit de les mettre dans la sphère de surveillance des autorités de marché. Les agences de notation seront aussi mieux encadrées.
A noter : une opération compliquée qui risque de donner un coup de frein à ce type d’activités. Le traitement des actifs toxiques des banques n’a pas été abordé.
http://www.leparisien.fr/economie/les-six-mesures-cles-03-04-2009-464883.php
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=186935&pid=13244908
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
