La locomotive de l'élevage est un secteur avicole très actif, en raison du moindre coût de l'alimentation des animaux et du faible coût de la viande de volaille pour les consommateurs. Sur les 10 dernières années, les investissements dans le secteur de l'élevage avicole en Ukraine auraient dépassé les 2,5 milliards de dollars.

Le 1er mai 2015, l'Ukraine est devenue le troisième plus grand fournisseur de l'UE en viande de poulet, derrière le Brésil et la Thaïlande, sachant que quatre grands groupes industriels avec intégration verticale représentent 75% du marché. La production s'élève à 1,2 million de tonnes de viande.

N'oublions pas la production d'œufs, contrôlée par deux grands acteurs, et qui a permis une progression des exportations de 28% en 2014.

Du côté du porc, le cheptel est passé de 19,4 millions de têtes en 1991, année de l'indépendance, à 7,6 millions de têtes au 1er janvier 2015. Néanmoins, la filière est assez dynamique, notamment avec la création de grands groupes intégrés verticalement. L'ambition du pays était de réduire les importations de viande de porc de 50% en 2015.

49% du lait collecté transformé en fromages

Du côté des bovins, en dépit de la baisse du cheptel de vaches laitières en 2014 (-6,4%), la production de lait a augmenté de 4,1% ce qui atteste de l'augmentation de la productivité en marche. La production en 2014 est estimée à 11,2 millions de tonnes avec un cheptel de 2,3 millions de vaches laitières. Si cette production est stable voire en légère hausse, elle a néanmoins été réduite de moitié par rapport à 1990. Elle représente 11% du produit agricole brut.

Les fermes familiales de petite taille détiennent 77% du troupeau laitier et assurent la même proportion de la production. Ces éleveurs ne sont hélas pas souvent en mesure d'assurer les standards de qualité du lait recherchés par les transformateurs, sachant que 49% du lait collecté serait utilisé dans la production de fromages.
Ce manque de matière première de qualité et le déclin des troupeaux traditionnels sont les défis majeurs du secteur à l'heure actuelle. 

En 2011, pour améliorer la production de lait en Ukraine, Danone Ukraine (détenteur de la plus grande part du marché) en collaboration avec le Crédit Agricole Ukraine ont mis en place un programme d'aide. Il met à disposition des producteurs des prêts préférentiels pour améliorer l'efficacité de la production et la qualité des produits.
Mais, par ailleurs, les prix à la production restent peu intéressants pour attirer de nouveaux acteurs dans la production laitière.

Des troupeaux en race pure de vaches allaitantes

Dans l'élevage bovin viande, les petites exploitations familiales sont là aussi dominantes.L'équipement de ces fermes est souvent désuet et la génétique peu performante. La transformation est aussi un point délicat puisque les conditions d'abattage ne correspondent pas aux standards de qualité européens. La mise en application des normes européennes est prévue dans le cadre de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine entré en vigueur le 1er janvier 2016.

Certains entrepreneurs agricoles sont prêts à créer des troupeaux conduits en race pure de vaches allaitantes. Les importations d'animaux de race pour la reproduction ont fortement augmenté ces dernières années, principalement en provenance des Pays-Bas, de Pologne, de République tchèque, et dans une plus faible proportion de Hongrie, d'Allemagne et de France. Parmi les races à viande françaises les plus demandées, on trouve la limousine, la charolaise et la blonde d'Aquitaine.

La France a doublé ses positions par rapport à 2013 et fait partie du top 10 des fournisseurs de l'Ukraine en volume en viande. Pour les produits laitiers, la France est devenue en 2014 le septième fournisseur de l'Ukraine (7% de la valeur des importations).

Article réalisé d'après les fiches marché de Business France sur l'élevage viande et la filière lait.

 

http://www.mon-cultivar-elevage.com/content/lelevage-en-ukraine-a-laube-de-sa-transformation

 

 

Le développement du secteur de l'élevage en Ukraine est hétérogène : le secteur bovin est à la traîne derrière ceux du porc et de la volaille. © Sonatali/Fotolia