Huile de tournesol. À quoi servent les travaux chez Cargill à Saint-Nazaire ?

 

Le processus de fabrication de l’huile.

 

1. Stockage des graines dans les silos, après arrivée par camions ou trains.

2. Préparation. Les graines sont nettoyées, séchées et chauffées. Elles sont ensuite pressées pour en faire de l’huile.

3. Extraction. Un puissant solvant est pulvérisé sur le reste des graines issu des presses.

4. Granulation (absent sur ce schéma). Mise en forme du tourteau, la matière sèche qui servira à l’alimentation animale.

5. Raffinerie. Pour améliorer la qualité de l’huile.

6. Logistique. Approvisionnement en matières premières et produits chimiques, expéditions.

7. Services techniques. Chaufferie, maintenance, laboratoire d’analyses, station de traitement des eaux usées.

8. Administration.

 

Matthieu MARIN.

À Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, le fabricant d’huile de tournesol Cargill a investi 11 millions d’euros sur le port.

C’est quoi ces grandes cuves Cargill que l’on voit près du port et de la base sous-marine ?

Cargill est un fabricant d’huile de tournesol. Il fournit aussi de la matière sèche, riche en protéines végétales aux fabricants de farines pour l’alimentation animale. À Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Cargill reçoit 600 000 tonnes de graines par an. Elles viennent essentiellement par train ou camion des Pays de la Loire, du Centre et du Poitou-Charentes. Il y en a aussi un peu par bateau, de la Mer Noire. Des graines, chauffées et pressées, on extrait de l’huile, qui sera ensuite raffinée, et des matières sèches, le tourteau. Globalement, la production est revendue en France, en transitant en partie par une usine du groupe à Château-Gontier ; ainsi qu’en Europe du Nord ou en Angleterre.

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À quoi ont servi les derniers travaux ?

Pendant deux mois et demi avant Noël, les grues ont pris d’assaut le site de Saint-Nazaire. Pourquoi ? Il a fallu enlever le toit d’une unité pour y placer de nouvelles machines. « On a complètement modernisé et renouvelé l’étape de l’extraction, indique Hervé de Praingy, le responsable de Cargill France. Après avoir pressé les graines, on utilise des solvants. Cela se fait dans un grand cuiseur, qui a été changé. » Le groupe a investi 11 millions d’euros. « Cela nous permet de produire plus de 7 millions de litres supplémentaires. Les conditions de travail et de sécurité sont améliorées. Il y a aussi un aspect environnemental : on utilise mieux l’énergie et on émet moins de vapeur. »

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Cargill a aussi un site à Montoir. Qu’est-ce qu’on y fait ?

À Montoir, près d’Airbus et de la raffinerie, Cargill fait dans le colza. De la même manière, l’usine obtient à la fois des matières sèches, pour l’alimentation animale, et de l’huile. Mais si cette huile sert un peu pour l’alimentation, elle surtout destinée, cette fois, aux biocarburants. Ce site-là transforme des quantités encore plus importantes : 1 million de tonnes de colza par an. Si la majorité provient à la France, une partie arrive aussi d’Ukraine ou d’Australie. ! « Entre Saint-Nazaire et Montoir, il faut compter 125 escales de bateaux par an. »

D’un point de vue économique, comment se porte le groupe ?

« Le contexte est très concurrentiel, martèle Hervé de Praingy. Nos clients se fournissent au gré des cours du marché. À quelques euros près la tonne, on peut perdre un contrat. Les pays de la Mer Noire, Ukraine, Roumanie, Russie, sont très présents. » En France, le chiffre d’affaires est d’environ 2,5 milliards d’euros sur 17 sites, essentiellement dans l’Ouest. 60 salariés à Saint-Nazaire, 50 à Montoir, 75 à Nantes. « On a calculé qu’avec la maintenance, la logistique, les investissements, le site de Saint-Nazaire/Montoir rejaillit sur 4 000 à 5 000 emplois indirects », compte Hervé de Praingy.

Y a-t-il encore des projets ?

Ces derniers travaux s’inscrivent dans un programme plus global. Il y a deux ans, quatre énormes cuves de stockages ont été construites. Auparavant, il s’agissait d’un atelier pour récupérer les vitamines E. « Elles peuvent avoir des usages pour l’industrie pharmaceutique et la cosmétique, notamment. » Les tours de refroidissement ont été rénovées : « Les riverains se plaignaient du bruit. »

Depuis 2012, ce sont déjà 33 millions d’euros qui ont été investis. Et après ? « Des études sont en cours pour une unité de décorticage, qui permettrait de récupérer les coques de tournesol, s’en servir comme source d’énergie. Avec l’agglomération et le port, nous réfléchissons également à des solutions communes d’économies et de récupération d’énergie. »

 

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire-44600/saint-nazaire-quoi-ont-servi-les-travaux-chez-cargill-5533259

 

Les bonnes perspectives de profit des cultures oléagineuses ont poussé les agriculteurs ukrainiens à développer d’autres cultures comme le tournesol (plus de 4,4 millions d’hectares chaque année pour une récolte de 6,8 millions de tonnes en 2010), mais aussi le colza (1,5 millions d’hectares) et le soja (1 million d’hectares), alors que ces cultures n’existaient pratiquement pas en Ukraine il y a 5 ans.

Il est cependant à noter qu’à part l’huile de tournesol, aucune autre culture oléo-protéagineuse n’est triturée sur place, et que la totalité de la production de colza, grandement stimulée par le développement mondial des biocarburants, est exportée soit vers les marchés d’Asie (Pakistan, Bengladesh), soit vers les usines occidentales de biodiesel.

Comme on le voit, les nouveaux exploitants agricoles ukrainiens ont privilégié le développement des grandes cultures végétales, facilement exportables et qui nécessitent moins de capital et de main d’œuvre. Ce mouvement s’accentue aujourd’hui avec l’arrivée récente des agro-holdings."